Saviez-vous qu'une hyperglycémie sévère peut conduire au coma en quelques heures ? Face à cette urgence médicale, chaque minute compte et la reconnaissance précoce des symptômes peut sauver une vie. Que vous soyez diabétique, proche d'une personne diabétique ou professionnel de santé, savoir identifier les signes d'alerte et agir rapidement fait toute la différence. À Uccle, l'équipe de S.B. Care Nursing accompagne régulièrement des patients diabétiques à domicile et connaît l'importance cruciale de cette vigilance quotidienne. Découvrons ensemble quand une hyperglycémie devient une urgence et comment réagir efficacement.
L'hyperglycémie sévère se manifeste différemment selon le type de diabète. Pour un diabétique de type 1, une glycémie dépassant 20 mmol/L accompagnée de nausées, vomissements ou douleurs abdominales nécessite une consultation immédiate. Plus préoccupant encore, une glycémie supérieure à 14 mmol/L avec présence de corps cétoniques dans le sang au-dessus de 1,5 mmol/L (ou au-dessus de 4 mmol/L dans les urines) signale un risque d'acidocétose diabétique.
Les diabétiques de type 2 doivent s'inquiéter lorsque leur glycémie dépasse 25 mmol/L avec une somnolence excessive. Dans les cas les plus graves, l'état hyperosmolaire hyperglycémique peut survenir avec des valeurs dépassant souvent 30 mmol/L, provoquant une déshydratation sévère potentiellement mortelle (taux de mortalité : 20 à 30%).
Au-delà des chiffres glycémiques, certains paramètres biologiques constituent des signaux d'alarme absolus. La cétonémie, mesurée avec un lecteur spécifique, devient pathologique dès 0,5 mmol/L et critique au-delà de 1,5 mmol/L dans le sang. Un pH artériel inférieur à 7,30 associé à un trou anionique supérieur à 12 et des bicarbonates inférieurs à 15 mmol/L confirment l'acidocétose diabétique, tandis que ces marqueurs indiquent une acidose métabolique sévère nécessitant une prise en charge hospitalière urgente.
À noter : L'acidocétose diabétique chez l'enfant présente un taux de mortalité de 0,15 à 0,30%, principalement dû à l'œdème cérébral qui est responsable de 60 à 90% des décès. Cette donnée souligne l'importance cruciale d'une prise en charge précoce et spécialisée des jeunes patients diabétiques.
Les troubles neurologiques représentent les premiers indicateurs de gravité. Une confusion soudaine, une agitation inhabituelle, des hallucinations, une désorientation ou une absence de réaction aux stimulations doivent immédiatement alerter l'entourage. Imaginez Monsieur Laurent, 68 ans, diabétique de type 2, qui devient subitement désorienté et ne reconnaît plus sa femme : cette situation impose un appel immédiat aux secours.
L'acidocétose diabétique présente des symptômes caractéristiques : une haleine fruitée rappelant l'odeur de pomme ou d'acétone, des vomissements incoercibles, des douleurs abdominales intenses et une respiration profonde et accélérée appelée respiration de Kussmaul. Ces signes, particulièrement fréquents chez les diabétiques de type 1, peuvent évoluer rapidement vers le coma.
La déshydratation sévère accompagne souvent l'hyperglycémie critique. Une bouche extrêmement sèche, des yeux creux, une peau qui garde le pli quand on la pince, des urines très foncées et rares, associées à une désorientation constituent autant de signaux d'alarme. Cette déshydratation peut entraîner un collapsus circulatoire, particulièrement dangereux chez les personnes âgées.
Face à une personne inconsciente, la première action consiste à la placer en position latérale de sécurité pour éviter l'étouffement. Ne tentez jamais de faire boire ou manger une personne inconsciente. Appelez immédiatement le 112, numéro d'urgence européen accessible partout en Belgique.
Si la personne reste consciente et peut boire, proposez-lui 250 ml d'eau toutes les heures pour combattre la déshydratation. Mesurez la glycémie toutes les heures et notez les résultats pour les transmettre aux secours. Si vous disposez du protocole d'insuline de correction établi par l'équipe médicale, administrez la dose appropriée en respectant un délai minimum de 2 heures entre deux injections pour éviter l'hypoglycémie (attention : interrompez impérativement l'administration d'insuline si la kaliémie descend sous 3,3 mmol/L pour éviter les complications cardiaques).
Exemple pratique : Madame Dupont, 55 ans, diabétique de type 1, se présente avec une glycémie à 22 mmol/L et des vomissements répétés. Son mari lui administre 250 ml d'eau par petites gorgées toutes les heures et mesure sa glycémie régulièrement. Après vérification de la kaliémie (4,2 mmol/L), il lui injecte 6 unités d'insuline rapide selon le protocole établi par son diabétologue. Deux heures plus tard, la glycémie n'ayant baissé qu'à 19 mmol/L et les vomissements persistant, il appelle le 112. Cette décision rapide permet une prise en charge hospitalière précoce avec administration intraveineuse d'insuline et réhydratation, évitant ainsi l'évolution vers un coma acidocétosique.
Certaines situations imposent l'appel immédiat aux secours sans hésitation. Une perte de conscience, même brève, des troubles majeurs du comportement avec agressivité ou confusion extrême, des vomissements persistants empêchant toute hydratation orale nécessitent une intervention médicale urgente. De même, une fièvre supérieure à 38,5°C depuis plus de 48 heures chez un diabétique signale souvent une infection sous-jacente pouvant décompenser brutalement le diabète (les infections virales constituent d'ailleurs le facteur précipitant identifié chez 77,7% des patients en décompensation diabétique).
L'incapacité à contrôler la glycémie malgré les mesures correctives constitue également un critère d'hospitalisation. Si après deux doses d'insuline de correction espacées de 2 heures, la glycémie reste supérieure à 20 mmol/L avec des symptômes persistants, les secours doivent intervenir. En Belgique, le 112 reste le numéro prioritaire, mais vous pouvez également composer le 100 pour l'aide médicale urgente.
Conseil : En cas d'hypoglycémie sévère (situation inverse mais tout aussi urgente), gardez toujours à portée de main le traitement approprié : 20 cl de jus de fruit ou 20 g de saccharose (4 morceaux de sucre trempés dans l'eau) pour un patient conscient. Pour un patient inconscient, seuls les professionnels de santé peuvent administrer 2 à 6 ampoules de glucose G30% (60 ml) en intraveineuse directe en 1 à 3 minutes.
La surveillance renforcée lors des épisodes infectieux permet d'éviter de nombreuses décompensations. Une simple grippe, une infection urinaire ou dentaire peuvent faire grimper dangereusement la glycémie. Durant ces périodes, mesurez votre glycémie plus fréquemment selon le protocole établi par votre équipe soignante (généralement toutes les 4 heures, mais pouvant aller jusqu'à toutes les 1 à 2 heures selon la gravité) et vérifiez systématiquement la présence de corps cétoniques si elle dépasse 14 mmol/L.
Les facteurs déclenchants incluent également le stress intense, l'oubli de doses d'insuline, la prise de certains médicaments comme les corticoïdes, ou une alimentation inadaptée durant les fêtes. Le trajet de soins diabète, dispositif belge permettant un suivi coordonné et des remboursements avantageux, constitue un outil précieux pour maintenir l'équilibre glycémique. Pour une prise en charge optimale du diabète et de l'insulinothérapie à domicile, un accompagnement spécialisé peut faire toute la différence.
La formation continue reste essentielle. Les infirmières spécialisées en diabétologie, reconnues par l'INAMI, peuvent vous enseigner les gestes de surveillance et d'urgence. Depuis 2024, le nouveau trajet de démarrage diabète type 2 offre un accompagnement renforcé avec consultations diététiques gratuites et suppression du ticket modérateur pour les examens dentaires annuels. De plus, depuis juillet 2022, les capteurs glycémiques sont remboursés intégralement pour 18.900 patients diabétiques de type 2 nécessitant au moins 3 injections d'insuline quotidiennes, représentant une économie de plus de 920 euros par an.
À noter : En milieu hospitalier, les protocoles de surveillance glycémique sont adaptés selon la gravité : mesures toutes les 4 à 6 heures chez les patients ne pouvant rien prendre par voie orale, et toutes les 1 à 2 heures chez les patients sous insuline intraveineuse continue ou gravement malades. Cette surveillance intensive permet d'ajuster rapidement le traitement et de prévenir les complications.
Face à l'hyperglycémie sévère, la réactivité et les bons gestes peuvent faire la différence entre une hospitalisation maîtrisée et des complications dramatiques. Chez S.B. Care Nursing, notre équipe d'infirmières expérimentées accompagne quotidiennement les patients diabétiques d'Uccle et des communes voisines. Forte de plus de 17 ans d'expérience hospitalière, notre infirmière référente assure un suivi personnalisé incluant la surveillance glycémique, l'insulinothérapie et l'éducation thérapeutique. Si vous ou l'un de vos proches nécessitez un accompagnement professionnel pour la gestion du diabète à domicile, n'hésitez pas à nous contacter pour bénéficier de soins adaptés et d'une prise en charge directe par votre mutuelle.